fbpx

Pour en finir avec le travail des gammes dans l’improvisation musicale (2)

par | 25, Oct 11 | La pratique des gammes | 0 commentaires


Bonjour chez vous…

L’exercice que je vous propose de pratiquer est un classique. Il est simple d’un point de vue rythmique : 1 noire suivie de 14 croches. Ce motif va se renouveler tout au long de l’exercice.

La longueur du motif ou « pattern » est bien adaptée pour :

–  Un travail sur la colonne d’air et la respiration,

–  Un travail sur l’endurance physique,

–  Un travail sur le son (il faudra essayer de conserver le même timbre sur toute l’étendue de l’instrument),

–  Un travail rythmique de précision ; notre pattern occupe les 16 croches contenues dans deux mesures (la noire         permettant la respiration).

 

Plus globalement cet exercice permet de parcourir physiquement les sept modes (ou degrés) issus des douze gammes majeures et de mémoriser efficacement les gammes.

 

Quelques conseils :

Pratiquez cet exercice avec le métronome exclusivement en notant chaque jour votre temps, soyez rigoureux … !!!

A l’image d’un sportif notant scrupuleusement son temps, il s’agit aussi d’une pratique musculaire (bouger les doigts sur l’instrument et contrôler de mieux en mieux la colonne d’air). N’allez pas trop vite, ne grillez pas les étapes, soyez patients.

Si au cours d’une séance de travail, vous parvenez à jouer une gamme X à 70 à la croche sans erreur, notez ce tempo sur un petit cahier pour pouvoir reprendre le lendemain la même gamme à 80 par exemple et vérifiez si vous êtes aussi à l’aise.
Pensez à vous enregistrer régulièrement pour vérifier la « musicalité » de votre travail et surtout la précision rythmique.

Chaque note doit être entendue intérieurement avant d’être jouée (ou soufflée), cela va développer une capacité à anticiper de plus en plus stable et contrôlée.

Pour toute nouvelle gamme dont la connaissance est approximative, pratiquez en boucle pendant quelques minutes l’exercice préparatoire qui vous permettra de travailler la mémoire digitale (mémoire des doigts). Ceci est un bon début pour les gammes réputées difficiles comme B, F# ou Ab par exemple.

Téléchargez l’exercice préparatoire au format pdf


Téléchargez l’exercice complet au format pdf

Pour une réelle pratique modale, évitez de toujours partir de la fondamentale lorsque vous pratiquez vos gammes. Lorsque vous êtes suffisamment à l’aise, partez de la note la plus grave du saxophone pour aller au plus au plus aigu.
Ceci est important pour se familiariser avec des doigtés parfois ardus. De plus l’oreille va s’habituer progressivement à entendre les modes issus de chaque degré de la gamme.

Vous trouverez ci-dessous un exemple avec la gamme de G majeure où le départ se fait sur la note si, note la plus de l’instrument (mais appartenant toutefois à la gamme).

Téléchargez l’exercice complet adapté à la tessiture du saxophone au format pdf 

Prenez soin d’explorer toutes les tonalités dans le cycle des quintes car le souci est là. Une tonalité ça va…
C’est quand il y en a plusieurs qu’il y a des problèmes…

En France, un ministre de la République a été condamné pour injure raciale en ayant tenu de tels propos… il y aurait une sombre d’histoire d’auvergnats la dessous… Et il a fait bien pire depuis.

En toute chose la diversité a du bon. Cela est particulièrement vrai dans la musique. Ne rejetez pas les tonalités difficiles, elles sont justes inconnues physiquement sur l’instrument, mais votre oreille les entend parfaitement, il faut juste y passer un peu de temps au début pour en apprivoiser le chemin sur votre instrument.

L’égalisation des gammes doit être une véritable priorité dans votre pratique quotidienne des gammes. Ces exercices vous aideront efficacement dans cet objectif. Utilisez le cycle des quintes dans votre progression.

Pourquoi le cycle des quintes ?

Si vous commencez l’exercice tel qu’il est écrit, c’est-à-dire en C (tonalité facile pour la mémorisation et pour l’explication). Si ensuite vous passez à la tonalité de C#, vous passerez de « zéro altération » à sept altérations. Ceci risque de mettre votre capacité de mémorisation à rude épreuve et amener au découragement.

Si en revanche vous passez à la tonalité située une quinte en dessous, les altérations apparaîtront progressivement et vous aurez beaucoup plus de facilités à les mémoriser.
Je reparlerai prochainement de cet intervalle de quinte qui est fondamental et qui rend bien des services dans la pensée musicale.

Par exemple, après avoir terminé la tonalité de C, si on passe à la tonalité de fa (située une quinte en dessous de do), nous avons un bémol qui apparaît. Ce chemin est assez proche de la tonalité précédente. Ensuite si on passe à la tonalité de Bb (une quinte en dessous de F), un nouveau bémol apparaît par rapport à la tonalité précédente… Et ainsi de suite.
Dans le cycle des quartes descendantes, ce sont les dièses qui apparaissent progressivement de la même manière.

Ces cycles sont importants, facilement mémorisables et identifiables car dans la musique dite “actuelle”, il est très fréquent que des accords progressent suivant le cycle de quartes ou de quintes. 

Il s’agit des progressions 1 et 2 dans le document que je vous proposais dans un article précédent. 

J’espère que ces explications théoriques sont assez claires pour vous, mais encore une fois, la seule manière de comprendre ces « astuces » est de pratiquer

Le métronome est indispensable. Il permet de ressentir la pulsation et le débit intérieur. Il vous fait ressentir la croche, la figure rythmique la plus importante après la noire.
Vous pouvez commencer sans articulation en vous concentrant sur chaque degré, puis avec le temps, commencez à articuler, en plaçant des coups de langue dans le cas d’un instrument à vent. Mettez le métronome sur les temps un et trois et/ou sur les temps deux et quatre, pratiquez sur des claves, des play-back de type Aebersold ou avec un logiciel dédié style Band in a Box ou Ireal Pro.

Pour se familiariser avec une nouvelle gamme, pratiquez le pattern sur deux mesures autant de fois que nécessaire. C’est l’exercice préparatoire qui permet d’apprendre « le chemin » de façon mécanique en restant sur le premier degré (appelé mode Ionien).

Bien évidemment l’exercice préparatoire est à mémoriser.
Evitez au maximum d’écrire quoi que ce soit au niveau de la pratique des gammes. Faites jouer au maximum votre mémoire digitale et auditive, essayez de faire des liens, des associations entre les modes. Dans le cadre de l’improvisation musicale, il vaut mieux se concentrer sur un ou deux exercices à transposer plutôt que de lire dix exercices. Nous en avons déjà parlé, le travail n’est pas du tout le même.
C’est ce que Michel Golberg appelle l’approche globale : travailler en même temps l’harmonie, la technique, le rythme et l’improvisation musicale.

Souvenez vous que cet exercice a pour objectif de comprendre le fonctionnement de votre instrument, égaliser la connaissance des douze tonalités majeures et (à plus long terme) progresser dans votre discours musical improvisé.

 

Combien de temps faut-il consacrer à cet exercice ? (Bonne question !) Comment pouvez-vous attendre de moi que je sache le temps qu’il vous faut ? (Autre bonne question !) En fait, je pense que vous devez pratiquer cet exercice aussi longtemps que vous en ressentirez le besoin. (J’ai été d’un grand secours n’est-ce pas ?). Quand vous pensez en être arrivé à votre point de saturation, arrêtez-vous un moment. Faites autre chose. Vous pouvez toujours revenir dessus. A ce moment là, vous vous rendrez mieux compte de certaines choses qui vous avaient échappé la première fois. C’est souvent le cas en musique pour un tas de choses. Probablement toutes…

 

Toutefois mon expérience personnelle me permet d’affirmer qu’à un tempo de 70, il faut 1 minute et 15 secondes, pour monter une gamme sur tous ses degrés ascendants et descendants,  (c’est très précis, mais soyez aussi méticuleux que ça au début pour installer chez vous un rituel dans votre pratique instrumentale).

1 minute 15 secondes fois douze tonalités, cela nous donne un total de 15 minutes pour pratiquer les gammes majeures dans toutes les tonalités. Ce temps est tout à fait raisonnable dans une séance de travail d’une heure par exemple…

N’y passez pas plus de quinze minutes par séance de travail, le piège serait de ne faire que ça… Ce n’est qu’un exercice parmi des millions possibles. Explorez un maximum de tonalités dans votre temps imparti. Fixez vous des limites et des objectifs.
Connaître vos gammes ne vous fera pas mieux jouer (ce serait trop simple), ce n’est qu’un aspect du travail dans l’improvisation musicale.

Si vous prenez le temps de noter régulièrement dans un petit carnet des éléments comme :

–  le nom des gammes pratiquées tel ou tel jour,

–  le temps passé sur chaque gamme,

–  le tempo confortable qui vous permet de pratiquer sans aucune erreur et avec un son homogène sur toute l’étendue de votre instrument.

Avec ces trois éléments vous vous sentirez bien moins démuni lorsque vous débuterez une séance de travail.

Inutile de précisez qu’il faut pratiquer le plus régulièrement possible, mais surtout pas dans la précipitation, évitez de bâcler l’exercice pour vous en débarrasser. A la limite, il vaut mieux passer 15 minutes sur une seule tonalité, plutôt que de vouloir en faire plus si on n’est pas à l’aise avec la première. Prenez le temps et le soin d’entendre comment sonne chaque note. Prenez le temps de mettre (intérieurement) un nom sur chaque note.

Vous aurez compris je pense le caractère régulier, routinier et méticuleux de la pratique. C’est au fil des jours, des semaines, des mois… des années, que les effets seront visibles dans votre jeu.

L’étape suivante sera d’appliquer cet exercice à la gamme mineure mélodique.

Comme la gamme majeure, il s’agit d’une gamme heptatonique qui possède sept modes. La seule différence entre les deux est que la gamme mineure mélodique possède une tierce mineure. En do, on note : do-ré-mib-fa-sol-la-si. Toutefois, l’harmonie mineure mélodique plus sombre et plus exotique sonne très différemment de l’harmonie de la gamme majeure et possède plus de possibilités au niveau des intervalles comme au niveau mélodique. Elle est très employée, peut-être plus que la gamme majeure …

Si vous voulez poursuivre dans cette voie, vous pouvez appliquer cet exercice à la gamme mineure harmonique.

Comme la gamme majeure et la gamme mineure mélodique, il s’agit d’une gamme heptatonique qui possède sept modes. La seule différence avec la gamme mineure mélodique, c’est que la gamme mineure harmonique possède une sixte bémol (la sixième note est bémolisée). En do, on note : do-ré-mib-fa-sol-lab-si. Elle est moins employée que la gamme mineure mélodique néanmoins Mark Levine nous dit que « c’est une très belle série de notes, qui conjugue l’Europe de l’Est avec la musique du Moyen Orient ».
Si vous aimez cette sonorité, je vous invite à y consacrer un peu de temps…

Pour en finir avec la ‘liste’ des gammes importantes utilisées dans le cadre de l’improvisation musicale jazz, vous pouvez appliquer les exercices proposés plus haut : 

–  Aux trois gammes diminuées,

–  Aux deux gammes augmentées (appelées aussi gammes par ton ou gamme unitonique),

–  A la gamme chromatique. 

Ces gammes se jouent sur 99 % des accords que l’on rencontre dans les standards de Jazz.
Cela nous rassure sur l’étendue de la tâche, et nous donne une vision plus claire des gammes utilisées dans l’improvisation musicale.

Trouvez votre propre cheminement, faites votre propre méthode, car tout dépend de vous. Cet exercice n’est qu’une suggestion pour démarrer, mais vous vous imaginez bien qu’il en existe des millions tout aussi intéressants.

Je tiens à préciser que vous pouvez trouver cet exercice dans des ouvrages « jazz », mais aussi dans des ouvrages « classiques ». Pour autant, ne croyez pas qu’il s’agisse d’un exercice « jazz » ou « classique ». Je le pratique quotidiennement, (et je le fais pratiquer à mes étudiants saxophonistes), car en plus du fait de faciliter la mémoire des modes, il oblige à jouer longtemps sur toute l’étendue de l’instrument, ce qui est bon pour la colonne d’air et par voie de conséquence le son.

Au bout d’un certain temps, par lassitude et/ou par curiosité, on est assez tenté de déformer la tâche originelle en inventant ses propres exercices avec plus de facilité et de clairvoyance.

 

Dans le domaine de l’improvisation, ne comptez que sur vous-même pour ce qui concerne votre évolution musicale. Cela ne veut pas dire qu’il est impossible ou interdit d’apprendre des autres. En musique, c’est même indispensable. Mais, je n’insisterai jamais assez sur l’importance de la confiance en soi et de la motivation personnelle.

 

En toute honnêteté, je dois admettre que j’ai le sentiment d’avoir juste commencé à égratigné la surface des choses par rapport à ce que je vous raconte dans mes articles (et ceci après avoir joué et enseigné pendant de nombreuses années). Donc ne croyez surtout pas que je connaisse tout cela sur le bout des doigts et que vous devez en apprendre autant que moi. (Ne croyez rien !). Agissez pour vous-même, prenez ce dont vous avez besoin, ce qui peut vous servir. Quand vous en avez assez, laissez tomber pendant un moment. Et revenez-y quand vous êtes prêt(e).

En eux-mêmes, ces articles n’ont que peu de valeur, ce n’est que du bla-bla noyé dans la nébuleuse du net. Mais s’ils sont associés à un être humain qui peut comprendre, travailler, pratiquer et évoluer, ils peuvent être très utiles.

Je suis en train de vous dire que c’est vous qui avez de la valeur, pas les articles et encore moins les exercices. Je prends le temps d’alimenter ce blog, prenez le temps de vous en nourrir. Ainsi nous serons contents tous les deux…

Si vous êtes arrivés à lire ces articles jusqu’au bout (ce qui constitue déjà une véritable performance), je vous propose à présent quelques exemples

 

Enjoy & Practice…

Lire la suite de cet article

Translate »