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La pratique des « triads » dans l’improvisation musicale (2)

par | 31, Juil 10 | La pratique des triades | 0 commentaires

Bonjour chez vous…

Comprendre la structure des grilles ?

Recensement et pratique des mouvements mélodiques possibles avec les « triads » à l’intérieur de l’octave.
Il s’agit des « permutations » qui vont donner un choix limité de directions mélodiques (puisque nous restons dans l’octave).

Comme je vous l’ai indiqué dans un article précédent, il existe six permutations possibles pour chaque « triad » ainsi que quatre couleurs fondamentales (majeure, mineure, augmentée et diminuée).

Ne vous sentez pas submergés par le nombre de permutations possibles !
Il est bon parfois, devant une tâche à accomplir, de connaître les « forces en présence » pour pouvoir s’organiser sereinement et méthodiquement.

Les progressions que je vous propose sont appelées grilles ou cadences.
Chez les musiciens, il s’agit de la progression harmonique d’accords musicaux donnant le cadre et l’accompagnement à un morceau de musique. C’est la trame harmonique d’une chanson que les anglo-saxons nomment “chord changes”.

Le document suivant recense toutes les cadences par cycle.


Téléchargez le document au format PDF. 

Comment étudier ces progressions harmoniques ?

Il y a six progressions. Il y a 12 triades notées en majeur. Certaines progressions ont plusieurs cycles.  

12 est un chiffre magique qui possède de nombreuses propriétés :
– Tout d’abord, c’est le nombre de tons dans la musique occidentale.
– D’un point de vue purement intellectuel, le chiffre 12 possède de nombreux diviseurs, en effet :
12 est divisible par 2, par 3, par 4, par 6 et par lui même.
C’est ainsi que sont établis les six progressions cycliques du document. Mon échelle de 12 tons est partagée en 2, en 3, en 4, en 6 et en 12.

Pour étudier les « triads », vous devriez être capable d’improviser des triades en suivant chacun des 6 cycles proposés.

Certains cycles étant particulièrement longs, je prendrai le temps de vous préparer un Pdf plus clair où nous étudierons chaque progression numérotée de 1 à 6.
Grâce à ce document, vous comprendrez mieux les cadences que nous allons étudier et analyser.

La progression 1 (progression en quintes) est la plus musicale, on la rencontre très souvent dans les chansons, tous styles confondus.

La progression 6 (progression chromatique) est plus difficile à assimiler. Toutefois, elle se révélera plus efficace en terme de technique instrumentale, de mémorisation et compréhension de l’harmonie.

 

Grilles pédagogiques représentant les six progressions harmoniques de base.

Voici le détail de chaque progression à mémoriser :

1-   Progression par quintes descendantes.

2-   Progression par quintes ascendantes.

3-   Progression par tierces majeures (4 séries possibles).

4-   Progression par tierces mineures (3 séries possibles).

5-   Progression par secondes majeures (2 séries possibles).

6-   Progression chromatique (1 série).

Manipuler les triades

L’objectif est de manipuler les « triads », les anticiper de manière auditive et instinctive pour créer des mouvements mélodiques en temps réel.

Avec un peu de pratique et de rigueur, vous retiendrez facilement ces “chord changes” parce qu’ils sont issus de la musique que nous écoutons quotidiennement.

La pratique des permutations.

Ce concept de permutations (ou renversement) m’est inspiré du premier volume des ouvrages de Jerry Bergonzi : “Les structures mélodiques”

Je reviendrai plus tard sur ce pédagogue musicien particulièrement intéressant, en raison de son approche rationnelle sur le sujet.

Dans le document ci-dessous, je vous propose, à partir de la tonalité de do (notée C), d’étudier les six permutations possibles dans chaque triade afin de familiariser votre oreille aux quatre couleurs engendrées. Chaque ligne représente une permutation de do à l’intérieur de l’octave.

Téléchargez les permutations de « triads »

Les six mesures par ligne représentent une permutation différente pour la même « triad ».

J’ai choisi un rythme simple (deux noires + une blanche), à vous d’en inventer d’autres plus ou moins complexes.
A vous aussi d’inventer d’autres permutations à partir du do se trouvant à l’octave en créant des formules descendantes par exemple.
Soyez créatif et inventif avec ce matériau de base fondamental dans la compréhension de l’harmonie Jazz. 

L’idée étant de faire entendre les trois sons fondamentaux de notre “triad”, dans chaque mesure, en respectant une pulsation. Dans mes exemples le métronome bat les temps deux et quatre de la mesure.

1- Couleur majeure (1-3-5)

2 – Couleur mineure (1-b3-5)

3 – Couleur augmentée (1-3-#5)

4 – Couleur diminuée (1-b3-b5)

Quelques astuces d’ordre pédagogique :

Pour une pratique fructueuse, je vous conseille de choisir :

  • Une couleur d’accord, (majeure pour commencer).
  • Une permutation, (brisé-ascendant par exemple).
  • Un “chord changes”, (le cycle chromatique est technique alors que le cycle des quintes est plus musical).

Encore une fois, ne vous sentez pas submergés. Dès que vous serez à l’aise avec les permutations fondamentales (1-3-5 et 5-3-1), les quatre autres permutations seront alors assez faciles à manipuler.

De plus, il sera plus aisé d’anticiper les « mélodies » que vous allez créer.

Les directions mélodiques sont importantes.

Ce sont des « amorces » de phrases mélodiques. En effet, si vous commencez une improvisation musicale par un mouvement brisé ascendant par exemple, et si ensuite vous faites une autre improvisation musicale en démarrant par un mouvement brisé descendant, il y a fort à parier que vos deux improvisations seront différentes.

C’est l’amorce qui est importante car elle vous suggère des chemins, des idées, de la diversité dans votre discours musical.

Si vous commencez une improvisation musicale toujours avec le même mouvement mélodique (généralement 1-3-5), cela conditionne le reste du discours de manière figée. Il faut exploiter toutes les directions pour gagner en variété, originalité et spontanéité.

Dès que possible, n’hésitez pas à tester ces « triades » en les mélangeant au hasard sur des playbacks et en y ajoutant vos émotions et votre intensité sans oublier de varier les rythmes.

Si vous avez quelques notions de piano, je vous conseille de pratiquer les « triads » sur un piano. Le côté visuel de l’instrument vous sera très utile pour repérer et mémoriser le nom des notes ainsi que les intervalles qui composent chaque “triad”.

Pour aller plus loin…

Ce travail de base dans l’improvisation musicale est passionnant et enrichissant. Il ne vous donnera plus envie de dormir dès lors que vous allez commencer à “tricher”, c’est-à-dire vous autoriser un quatrième son.

Ce concept de “triad + une note” va développer votre oreille de façon prodigieuse ainsi que votre capacité à mieux maîtriser votre discours musical.

En effet cette quatrième note, va peu à peu entrer dans votre jeu mais avec un vrai statut.

Ce sera une septième, une sixte ou une neuvième… Peu importe, mais c’est votre oreille qui la choisira et avec une approche plus réfléchie.

Vous aurez tendance à rechercher instinctivement cette note dès lors que l’harmonie (ou la grille d’accords) va changer. Ainsi les notes de la
“ triad” vont se réduire à des “notes cibles” (appelées aussi “notes-guides »), sur lesquelles se « reposer » sans prendre de risque dans le discours et suggérant de surcroît, une certaine cohérence dans l’improvisation. 

Ce sont les fameux « Guide-tones lines » en anglais qui constituent le véritable chemin harmonique dans une bonne improvisation. C’est le moyen de faire entendre la grille dans une improvisation musicale.

Il s’agit d’improviser en mettant en valeur ces notes-guides dans vos phrases musicales, afin d’exprimer une mélodie cohérente pour vous (émetteur) et accessible pour l’auditeur (récepteur).

Les approches chromatiques.

Pour conclure cet article assez long, et en espérant que les données  théoriques vous seront accessibles sans trop de difficultés, l’étape suivante à l’étude des “triads” sera des les approcher chromatiquement. C’est-à-dire attaquer la note par son demi ton supérieur, inférieur ou les deux à la fois.

Par exemple si je cible la note do, je passerai par un ré bémol pour y parvenir, ou un si bécare, ou les deux. Ces notes « interdites » seront des notes de passage qui apporteront plus de fluidité à l’improvisation (à condition de bien les placer rythmiquement).
La recherche permanente de la bonne approche chromatique est une discipline olympique chez les boppers par exemple.

Pratiquez, pratiquez, pratiquez sera donc le mot de la fin.

Passez du temps à chercher, inventer, déformer, copier, coller, trier, mélanger, éliminer, triturer et malaxer vos idées.

Trouvez votre propre cheminement.

Le tout en privilégiant le travail de votre oreille, l’imagination créatrice, ainsi que le plaisir.

Dans votre pratique quotidienne, si vous avez un minimum de matériel, accordez vous des séances d’enregistrement. C’est un bon moyen pour évaluer vos progrès et définir concrètement vos objectifs. Servez-vous de l’enregistrement pour prendre de la distance, écoutez attentivement ce que vous avez joué, sans complaisance ni critique excessive.

Etes-vous bien dans la pulsation ?
y a-t-il des hésitations ?
Que devez-vous améliorer ?

Enjoy & Practice !

Lire la suite de cet article…

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