Etude des grilles harmoniques dans l’improvisation musicale (1)

12 Nov 2013 | Improvisation Musicale | 0 commentaires

Bonjour chez vous …

Dans un article précédent, je vous parlais de la nécessité de faire de la musique avec le matériel dont nous disposons.

Les croyances limitantes

De nombreux saxophonistes « amateurs éclairés », pensent qu’il faut connaître des centaines de patterns avant de s’aventurer subrepticement sur le terrain de l’improvisation, C’est évidemment une idée reçue qui a la dent dure.

Comment étudier ?

Pour commencer à se faire plaisir, il faut partir du matériel simple dont nous avons déjà tant de fois : les triades et les gammes majeures.
Petit rappel : il y a quatre couleurs harmoniques (majeur, mineur, diminué, augmenté) et douze gammes majeures. La question qui se pose rapidement est comment y voir clair dans tout ça au cours de son discours improvisé ? Comment mobiliser et gérer ses connaissances ?

Dans la série de tutoriels que je vous propose, nous verrons comment pratiquer en étant constamment en état d’improvisation.

La pulsation joue un grand rôle dans cet affaire, il faut bien prendre le temps de l’écouter, la sentir, la ressentir intérieurememnt, pour finalement l’oublier. Le métronome (garant de la stabilité de la pulsation) ne doit pas vous enfermer dans un système ou un exercice, mais au contraire, il aide à un réel épanouissement rythmique dont vous ne soupçonnez pas l’ampleur. Faites des questions/réponse avec lui, ne jouez pas trop de notes, n’ayez pas peur du vide (profitez en pour écouter la pulsation recadrer si besoin).

Mettez le métronome sur les temps deux et quatre pour le côté swing. C’est intéressant car le premier et le troisième temps n’étant pas marqués, cela vous force à démarrer en l’air (c’est à dire sur le contretemps, base du jeu « swing »). Ceci est déroutant au début mais apporte beaucoup pour la précision ryhtmique.

Si vous êtes motivés et assez passionnés pour pratiquer régulièrement votre instrument, je vous invite à suivre mes tutoriels (qui sont valables pour n’importe quel standard ou grille harmonique), il vous faut un peu de matériel.

A propos de méthodologie musicale

Outre le métronome, dont je ne parlerai jamais assez, vous devez posséder deux accessoires simples :

Un petit cahier qui vous servira de journal de bord sur lequel vous noterez  précisément les objectifs que vous cherchez à atteindre, les tempi, la date, les thèmes à aborder etc…
Cette trace écrite est importante pour suivre sa progression et garder la motivation.
Dans mes tutoriels et ma pratique personnelle, j’improvise au maximum mais il faut qu’à la fin de ma séance, je sois capable de résumer concrètement ce que je viens de faire, pourquoi et dans quel objectif. Ensuite je peux passer à un autre objectif en « oubliant » presque ce que je viens de pratiquer pour l’appliquer d’instinct. Il suffit de trouver des objectifs assez proches pour créer des automatismes.

Je vous conseille fortement d’utiliser un chronomètre lorsque vous pratiquez. La meilleure improvisation est celle qui n’est ni trop longue, ni trop courte. Je pense à la composition de John Coltrane « Naïma » : le thème est sublime et son improvisation est bien dosée. C’est le genre de morceau qu’il suffit d’écouter une fois pour être persuadé de l’avoir toujours connu… Le chorus de John est tellement musical qu’on le retient presque autant que le thème, on a presque envie de chanter dessus. C’est pour moi la juste définition du mot chef d’oeuvre.

Tout ceci pour vous rappeler que le temps est un facteur à ne surtout pas négliger lorsque vous improvisez. Pour ma part je n’ai (hélas) pas huit heures par jour à consacrer au saxophone, par conséquent je mets un compte à rebours sur mon chronomètre et je me dis que j’ai 5, 10, 15 ou 20 minutes pour pratiquer tel objectif unique. Lorsque mon chronomètre sonne, j’arrête cet objectif et je passe à un autre avec un nouveau décompte. Peu importe si je n’ai pas terminé le premier objectif, je le mets juste de côté pour mieux y revenir plus tard. De plus, j’ai noté dans mon petit journal de bord ce que je dois revoir et approfondir. Il m’arrive assez souvent de m’enregistrer (nos téléphone modernes sont bien pratiques pour ça) pour garder une trace auditive de ma pratique.

Ce qui est important c’est de rester maître de son temps. Si vous avez un emploi salarié avec des horaires fixes, vous ne pourrez plus dire que vous êtes en retard parce que vous jouiez du saxophone (dans notre monde moderne, ce serait assez mal perçu).

Lorsque vous allez commencer à improviser, vous tomberez certainement dans une espèce de boulimie d’exercices et de systèmes pour sans cesse chercher à améliorer votre jeu. Le plus frustrant, c’est le sentiment de ne jamais en faire assez… Mais n’oubliez jamais votre temps imparti. Par expérience je pense que 15 à 20 minutes passées sur un objectif ou un thème est largement suffisant dans une séance de travail, au delà on est moins efficace car le cerveau n’imprime plus rien.

Enjoy & Practice !

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