La pratique des « triads » dans l’improvisation musicale (1)

Bonjour chez vous…

La musique occidentale est composée de 12 demi-tons.

Assemblés dans l’ordre, ces douze demi-tons engendrent la gamme chromatique. Gamme unique dont les limites sont les limites physiques de l’instrument.

Dans une optique de travail, on peut assembler ces douze demi-tons par cycle.
Eric Barret et Jamey Aebersold nous proposent des « grilles » complètes particulièrement intéressantes regroupant les progressions les plus courantes.
Je trouve la grille d’Eric Barret particulièrement intéressante, elle est ma base de travail depuis des années. Je vous la soumettrai dans un prochain article.

Précédemment je disais que le terme musical “triad”, d’origine anglo-saxonne, n’avait pas vraiment d’équivalent en français. D’où cette orthographe quelque peu choquante.

En revanche, en français on parle de chiffrage pour nommer les triades.

A = La
B  = Si
C = Do
D = Ré
E = Mi
F = Fa
G = Sol

Il est capital pour un improvisateur de se familiariser avec ces chiffrages. Ils constituent les accords de base en harmonie musicale. De surcroît, les notes de chaque “triad” peuvent constituer une trame mélodique, certes élémentaire mais bien présente.

La lettre C pour la main gauche d’un pianiste lui indique qu’il doit faire sonner simultanément les degrés 1, 3 et 5 de la gamme de Do majeure. C’est à dire concrètement les notes do, mi et sol.
C’est le minimum « vital » pour entendre la couleur « do majeure ». Même si dans les faits le pianiste ne va pas se contenter de ces trois sons et va en ajouter d’autres, pour enrichir à son gré, la couleur de “do majeure”).
Pendant ce temps avec sa main droite, en improvisant des mélodies, le pianiste empruntera des chemins qui passeront fatalement par ces trois sons pour faire correspondre harmonie et mélodie.

Jouer chaque “triad” sur une progression choisie et dans une couleur choisie est une bonne approche pour apprécier le « contenu émotionnel » de chaque “triad”.

Mark Levine nous dit :
« … une triade majeure peut sonner joyeuse, forte ou triomphante. Mineure, elle peut sonner triste, pensive ou tragique. Diminuée, elle suggère souvent la tension ou l’agitation. quant à l’augmentée, elle a une qualité flottante, brumeuse suggérant l’émergence du brouillard ou l’enchantement… ».

Mark Levine

Il ajoute que même si ces procédés musicaux sont devenus des classiques incontournables, ils fonctionnent toujours avec la même efficacité quel que soit le style de musique (musique de télé, musique de théâtre, musique de film, musique live ou enregistrée …).

Nous sommes ainsi au cœur du rôle de l’artiste dans sa globalité :
Transmettre des émotions, faire rire, faire pleurer, faire s’agiter, faire hurler, faire réagir l’auditoire pour créer une fougueuse et irrésistible interaction.

Dans ce premier exemple, j’ai utilisé uniquement des “triads” mineures et suivant le fameux cycle des quintes dont je vous reparlerai au cours des articles suivants.
Le but étant de rendre musical ce matériau restreint, il est assez facile et amusant d’anticiper mentalement les mélodies que l’on invente pour arriver peu à peu à les jouer en temps réel, au moment où on les pense.
C’est le même parallèle que l’on peut établir entre la voix parlée et la voix pensée.

Crying for Haïti

Enjoy & Practice !

Partager cet article :

Laisser un commentaire via facebook :

Publié par Rachid Manou

Rachid Manou, compositeur, saxophoniste, improvisateur, pianiste, pédagogue. Je propose des techniques et astuces dans le domaine de l'improvisation musicale,

Une réponse sur « La pratique des « triads » dans l’improvisation musicale (1) »

Les commentaires sont fermés.

Translate »

ESSAYEZ LA NEWSLETTER !

Abonnez-vous à la newsletter et recevez des astuces inédites !

Bravo et merci pour votre inscription !