La pratique des chromatismes dans l’improvisation musicale (1)

Bonjour chez vous …

En musique, on nomme intervalle la distance qui sépare deux sons. L’unité de mesure de référence utilisé est le ton.

Au piano par exemple, appuyez sur deux touches en même temps et écoutez attentivement le son produit. Reproduisez l’expérience avec deux autres sons. Comme vous ne pouvez pas chanter deux sons à la fois, cela produit juste une impression, un ressenti, une ambiance… Cela sonne consonant ou dissonant…

L’avantage du piano lorsque l’on joue des intervalles, c’est son côté visuel. On peut facilement les visualiser avant de les jouer, les entendre et surtout les anticiper dans le discours musical improvisé.
Au saxophone, il n’y a pas ce côté visuel auquel se raccrocher. On navigue un peu « à l’aveugle » en se fiant essentiellement à son oreille analytique pour avoir un discours tantôt consonant, tantôt volontairement dissonant pour mieux revenir à la consonance. Cet aspect apporte une dynamique intéressante au discours musical.

Pour essayer d’avancer un peu dans cette « progression à l’aveugle ». Je vous propose d’étudier dans cette nouvelle série d’articles l’intervalle chromatique appelé aussi ½ ton chromatique.

Il s’agit du plus petit intervalle qui existe dans notre musique occidentale. Il en existe douze. On dit aussi qu’il faut douze ½ tons pour arriver à l’octave. Par exemple, je pars de la note Do, je compte douze ½ tons et j’arrive au Do situé une octave plus haut. Idem dans l’autre sens pour arriver au Do situé une octave plus bas.

La pratique de la gamme appelée communément « gamme chromatique » constitue une direction de travail à long terme. Cette pratique est un excellente à plus d’un titre :

– Elle améliore la mémorisation des intervalles et le développement de l’oreille.
– Elle développe la mobilité des doigts ainsi que la technique instrumentale.
– Elle constitue une gymnastique intellectuelle qui vous rendra plus performant dans la lecture des notes altérées.
– Elle peut être réutilisée comme matériau d’improvisation dans le jazz moderne.

Dans un premier temps, il faudra commencer très lentement (blanche à 60), pour entendre cette couleur si particulière et progressivement apprendre par cœur des combinaisons ou des patterns de votre invention ou repiqués chez vos improvisateurs préférés…
En effet le nombre douze a la particularité d’être divisible par deux (croches), par trois (triolets), par quatre (doubles croches) et par six (sextolets).
Il existe en fait douze puissance douze (noté 12 exposant 12) combinaisons possibles…. Et ne pensez pas à 24 ou 144 comme résultat, vous seriez à des années lumière du compte, (Thomas Pesquet connait sûrement la réponse…).

Au delà de toute considération harmonique ou mélodique, le fait de penser des groupes de deux, trois ou quatre notes va vous faire entendre de nouvelles gammes et de nouveaux arpèges.
Par exemple, si vous commencez en croches, la première note de vos groupes de deux notes appartiendra à ce qu’on appelle la gamme par ton. Si vous faites des triolets, la première note de vos groupes de trois notes appartiendra à ce qu’on appelle un arpège diminué. Si vous faites des doubles croches, la première note de vos groupes de quatre notes appartiendra à ce qu’on appelle un arpège augmenté. C’est ce que nous étudierons dans cette série d’article…

Sans vouloir vous noyer dans un jargon théorique compliqué, retenez simplement qu’il faut essayer de se donner une direction de travail lorsqu’on pratique la gamme chromatique. En effet, avec « un peu » de pratique, vous vous rendrez compte  rapidement que c’est une gamme qui fait plaisir aux doigts au départ, au détriment de la réflexion et la musicalité.
C’est ce que Michel Golberg appelle le jeu digital, souvent spectaculaire au niveau technique instrumentale pure, mais parfois pauvre et ennuyeux pour l’auditeur à long terme.
C’est donc avec parcimonie qu’il faut l’utiliser dans les passages improvisés, avec une direction plus ou moins précise, pour ne pas se laisser embarquer par les doigts dans des phrases musicales sans queue ni tête, juste à cause d’un manque de contrôle de volume de notes jouées.

Si vous possédez un piano (ou clavier), pratiquez un peu en utilisant le côté visuel et digital de l’instrument, pour mettre un nom sur les notes lors d’une progression chormatique lente, mais surtout pour familiariser votre oreille avec des intervalles usuels tels que les tièrces, les quartes et les quintes).

Comme pour n’importe quelle étude de gamme, vous pouvez commencer par l’apprendre de façon conjointe pour la mémorisation et la précision du geste. Parcourez la au départ sur une octave. Prenez conscience aussi de ce que l’on nomme les enharmonismes, c’est à dire que les notes fa # et sol b représentent en fait le même son malgré des noms différents.
Pratiquez aussi de façon ascendante et descendante avec régularité, en modifiant le tempo pour trouver votre confort. Pratiquez en croches, triolets, doubles croches, sextolets…

Enjoy & Practice…

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