De l’utilisation du mode majeur dans l’improvisation musicale

Bonjour chez vous …

La gamme majeure est une gamme facile à entendre mais, à mon sens, difficile d’utilisation.

Il s’agit très souvent de la première gamme enseignée dans les écoles de musique. Et même si l’on n’a pas fait d’études musicales, on note que la plupart des chansons enfantines sont dérivées du mode majeur. Au clair de la Lune, J’ai du bon tabac, A la pêche aux moules, Frères Jacques, sans oublier l’énigmatique Souris verte qui courait dans une herbe aussi verdoyante que dangereuse pour sa queue, n’en sont que de basiques exemples.

Ansi donc notre oreille est très tôt formée à entendre cette couleur. Mais il ne s’agit que d’une couleur parmi les quatre couleurs que comptent toute notre musique occidentale.

Lorsqu’elle est enseignée dans les écoles de musique (et dans les blogs), on la pratique de façon conjointe, pas à pas, parfois brisée, mais on reste dans un/des systèmes(s) trop éloigné(s) du concept de l’improvisation musicale. Dans ces systèmes, ce sont surtout les doigts qui travaillent (au sens physique du terme… tel un Djoko ou un Federer répétant cents fois la même frappe de balle en revers croisé court lifté sur la ligne). Les doigts répètent, en les transposant, des séries de notes. Ces systèmes sont nécessaires, c’est ce que l’on nomme plus précisément la technique instrumentale au même titre qu’il existe une technique tennistique ou footballistique.

Cet article a pour objectif de vous proposer un système original dérivé des méthodes de Jerry Bergonzi. En entrant dans ce système nous faisons intervenir l’oreille et la spontaneité dans une improvisation plus proche de la « réalité ».

Ce système nous donne l’occasion de créer en temps réel des phrases longues et cohérentes tout en restant dans la couleur majeure que nous étudions aujourd’hui.

Le principe est d’une redoutable simplicité.

Je vous expose ceci dans la tonalité de do majeur par souci de compréhension et de clarté, mais vous l’aurez compris, c’est beaucoup plus amusant lorsqu’on pratique ce système dans plusieurs tonalités.

Partons des sept degrés de la gamme majeure : do – ré – mi – fa – sol – la – si.  La note do se voit attribuer le chiffre 1, la note ré hérite du 2, la note mi réçoit le chiffre 3 et ainsi de suite pour le reste de la gamme…

Il s’agit de partager ces sept degrés en deux groupes distincts et de faire le petit jeu suivant : pendant deux mesures, on improvise en utilisant uniquement un groupe de trois notes et pendant deux autres mesures, on improvise en utilisant le groupe de quatre notes restantes. Ceci nous donne un cadre temporel fixe et assez équilibré entre les deux groupes.

L’objectif est de pratiquer de façon ludique, un jeu permanent de question/réponse avec vous même où vous allez privilégier le travail de l’oreille, l’anticipation ou le retard rythmique pour jouer les « bonnes » notes dans le bon groupe et au bon moment.

Mais comment ces groupes sont ils constitués ?

Dans le groupe des questions, on trouve les degrés 2 – 4 – 7 de la gamme majeure. Il s’agit des degrés de tension. Dans le groupe des réponses, on trouve les degrés 1 – 3 – 5 – 6 de la gamme majeure. Il s’agit des degrés de résolution qui suggèrent une conclusion et/ou un repos.

Si l’on s’intéresse de plus près au groupe des degrés de tension : 2 – 4 – 7

Le degré 2 résout vers 1 ou 3, (ça tombe plutôt bien parce qu’il est pile au milieu).
Le degré 4 résout vers 3 ou 5, (ben ça alors … lui aussi est pile au milieu).
Le degré 7 résout vers le 1 l’octave, (mais aussi fondamentale) ou vers le 6 (attention toutefois à cette option qui n’est pas toujours heureuse, le degré 6 étant le maillon faible de la chaîne … A vous de tester).

Pratiquez en vous amusant, transposez dans d’autres tonalités, utilisez le métronome pour bien définir le cadre temporel de deux mesures attribué à chaque groupe, faites des liens entre les deux groupes au moyen de subtiles chromatismes, sublimez vous, explorez, cherchez, creusez, trouvez votre truc, votre son, votre phrasé.

Dans ce système de pensée, vous jouez des intervalles qui ne vous seraient pas forcément venus à l’esprit si vous aviez pensé la gamme de façon linéaire.
Ceci vous donne l’occasion d’entendre la couleur majeure autrement dans un premier temps, pour mieux vous affranchir de cette entrave par la suite et créer.

Enjoy & Practice…

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