La pratique des « triads » dans l’improvisation musicale (4)

Bonjour chez vous…

Si vous avez trouvé un peu de temps pour pratiquer, et « jouer les triades » dans le cycle infernal des quintes, à un tempo régulier avoisinant les 60/65 bpm. Le tout selon les différentes couleurs « primaires », alors les choses sérieuses peuvent débuter…

« Jouer les triades »…
Cela est bien différent que « pratiquer les triades », et la nuance doit être claire vous.

Pratiquer, c’est avant tout jouer un exercice conçu de manière linéaire horizontale, d’où le nom exercice : une fois arrivé au bout, il n’y a plus qu’à rebrousser chemin.

« Jouer les triades », c’est se souvenir que le saxophone est conçu de manière linéaire verticale.
Cette propriété va favoriser les sauts de notes, ce qui nécessite un autre mode de pensée…

Replongez un instant votre souvenir dans ce que l’on appelait autrefois les jeux d’arcade, style Donkey Kong.
Vous êtes sur une échelle verticale de notes et tel l’intrépide Spider Man, vous progressez en évitant les pires dangers, ce qui vous fait reculer…pour mieux rebondir… pour aller ailleurs… ou encore ici… et pourquoi pas là bas ?

Il va falloir en quelques sorte désapprendre le schéma mental que l’on se représente, lorsqu’on lit un exercice de façon linéaire horizontale, et remplacer ce schéma par un autre système de pensée adapté aux déplacements verticaux.
Tout ceci en ne perdant pas l’ancien schéma qui permettait de lire une grille d’accords de façon linéaire horizontale.

« Jouer les triades » c’est s’amuser avec, s’amuser au sens primaire du mot. Juste lâcher prise, se faire plaisir, se surprendre, oser des choses, construire un discours musical, tout en pensant à l’harmonie qui donne une direction.

Démarrez lentement, toujours au métronome pour ressentir l’espace dans la mesure. Vous pouvez y placer une couleur par mesure. Combien de notes et sur quelles figures de notes (des noires, des croches, des triolets, des doubles-croches ? Et pourquoi pas un silence ?).
Dernier conseil très important : pratiquez sans aucun support visuel.
Je vous fournirai prochainement des PDF, mais souvenez vous qu’il s’agit uniquement de supports dont il faudra vous affranchir le plus tôt possible.

 

Dans l’épisode précédent, j’avais joué les couleurs du plus brillant au plus sombre pour sensibiliser l’oreille à ces subtiles nuances.
J’ai tenu à refaire une démonstration de meilleure qualité et surtout plus proche de la réalité musicale.

En effet, l’exercice gagne en « musicalité », si on inverse l’ordre des couleurs majeures. C’est à dire commencer par une triade majeure, au lieu d’une triade augmentée. En réalité, vous entendrez rarement un morceau commençant par une couleur augmentée. Dans la plupart des cas, on commence par une tonalité majeure (parfois mineure), qui donne une certaine stabilité à la mélodie (ou refrain). Ensuite, on dit que le morceau module vers une (ou plusieurs) autres tonalités pour emmener l’auditeur ailleurs (couplets, pont, ou parties improvisées), le tout pour arriver à la résolution, c’est à dire un retour à la mélodie (ou refrain) de base. Ceci est très schématiquement le résumé de la plupart des compositions musicales, toutes époques et tous styles confondus.

Ainsi donc, dans ce nouvel exemple de pratique des triades, je débute par une triade majeure, ensuite une triade augmentée, une triade mineure et enfin une triade diminuée.
Je peux vous fournir le play-back de ma séquence dans le cycle des quintes.
Si vous possédez un piano (ou clavier), je vous encourage à plaquer les triades pour avoir un ressenti physique et émotionnel avec ces couleurs. Si vous possédez un petit séquenceur, amusez vous à fabriquer vos propres boucles (l’application iReal Pro est très pratique pour ça).
Inventez vous un ordre volontairement aléatoire, toujours pour sensibiliser votre oreille à autre chose de moins conventionnel.

Enjoy & Practice…

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